Je ne résiste pas au plaisir de reproduire ci-dessous in extenso une note figurant à la page 586 du livre du merveilleux Philippe Muray, "Après l'Histoire", Tel Gallimard, 2000, sur laquelle je viens de tomber par hasard. Cette trouvaille tombe à pic aujourd'hui 29 janvier 2013, le jour où s'ouvrent précisément les débats à l'Assemblé Nationale sur le projet de loi instaurant le "mariage pour tous".
Ce texte a été écrit en novembre 1999, soit peu de temps après l'adoption de la loi sur le Pacs, et de façon prémonitoire, Muray ajoutait: "Vous avez avalé, en leur temps, et après avoir regimbé quelques minutes, les nouvelles techniques de fécondation assistée. Bientôt, vous souscrirez au clonage, qui vous fait tant criailler aujourd'hui. Et, comme vous digérez en ce moment le Pacs, demain vous acquiescerez aux familles homoparentales, à l’euthanasie obligatoire et à tout ce que nous ordonnerons au droit d'enregistrer en lui remontrant que le bon sens, déjà, l'approuve". Effectivement, 14 ans plus tard, nous y sommes.
Ce qui me parait particulièrement lucide, dans le texte de Muray, c'est le fait qu'aujourd'hui, l'intolérance a changé de camp. Il est totalement faux d'affirmer, comme le prétendent les partisans de la nouvelle loi, que l'homophobie menace, qu'on la retrouve s'exhibant sans honte dans la campagne menée actuellement par les opposants au mariage homosexuel. Je suis au contraire frappé par la modération des propos de ces opposants et par leur soucis d'éviter de renouveler les erreurs commises à l'époque du débat sur le Pacs. Bien sûr, on ne pourra jamais éviter que ne surgissent quelques groupes extrémistes, tels que les chrétiens intégristes de Civitas, mais la vérité oblige à reconnaitre qu'ils sont totalement minoritaires.
En revanche, tout le discours adopté par les pro-mariage gay consiste à disqualifier d'avance leurs opposants, en les accusant de ringardise, de conservatisme, d'homophobie, en parlant à leur propos de "droitisation" des esprits, ce qui est évidemment le pire des péchés. Une fois cette disqualification effectuée, il n'est même plus nécessaire de répondre aux arguments de ces opposants par d'autres arguments; on ne se situe pas sur le terrain du débat d'idées, on utilise l'invective pour exclure tout débat.
En ce sens, cette police de la pensée que nous annonçait Muray, et que continue de dénoncer Élisabeth Lévy, fonctionne avec une efficacité croissante. Tout ce qui n'est pas politiquement correct doit être impitoyablement pourchassé, dénoncé, et si possible pénalisé grâce à la multiplication de ces lois qui nous disent ce qu'est la vérité officielle et nous condamnent à de lourdes sanctions si nous disons autre chose que cette vérité.
Wednesday, 30 January 2013
Friday, 23 November 2012
SPORT ET DOPING: une gigantesque hypocrisie
Une fois de plus, avec la récente condamnation de Lance Armstrong et l'annulation de ses sept victoires du Tour de France, nous sommes abreuvés d'articles et de commentaires débordant de bons sentiments, insistant sur la croisade qui doit être menée pour lutter contre le doping. Il s'agirait selon ces articles d'une lutte qui doit être poursuivie sans relâche pour éliminer les quelques brebis galeuses qui déshonorent leur sport et redonner à la pratique sportive sa pureté originelle.
Le summum de cette vertueuse indignation est atteint dans le long article que consacre au sujet le Nouvel Observateur du 15 novembre 2012 sous le titre: "Qui a couvert Lance Armstrong? En France, tant de gens savaient", où le texan est pratiquement assimilé à un chef mafieux digne des pire narcotrafiquants colombiens, régnant par la terreur sur le "milieu" du cyclisme.
Ce parallélisme entre drogue et doping n'est pas anodin: on retrouve dans les deux cas le même moralisme puritain, la même affirmation selon laquelle, le doping étant mauvais pour la santé, il doit être criminalisé, comme l'est la drogue. On retrouve également le même arsenal pénal fortement répressif, le même déploiement de moyens extrêmement coûteux et au bout du compte peu efficaces: de même que la lutte contre les drogues n'a pas fait régresser la consommation et a fait la fortune des narcotrafiquants, de même la lutte contre le dopage n'empêche pas celui-ci d´être plus généralisé que jamais, pour le plus grand profit des réseaux spécialisés dans le trafic (évidemment clandestin, puisque réprimé) de ces substances.
Finalement, dans les deux cas, on retrouve la même démarche profondément antilibérale, dans laquelle l'Etat s'arroge le droit de décider ce qui est bon ou ce qui est mauvais pour les hommes, sans laisser à ceux-ci le droit de prendre leurs responsabilités, de courir leurs risques, y compris celui de ruiner leur santé. On en arrive, dans le cas des sportifs, à des règles proprement hallucinantes et ouvertement attentatoires à la liberté individuelle; savez-vous par exemple qu'un sportif de haut niveau doit toujours être joignable, afin de pouvoir à tout moment pratiquer sur lui des contrôles inopinés? Savez-vous qu'un sportif victime d'un gros rhume ne peut pas se soigner comme tout un chacun, car beaucoup des médicaments que nous consommons dans ces cas-là pourraient donner positif lors d'un contrôle?
Dans les deux cas (consommation de drogue ou doping), il s´agit d'une activité dont l'auteur ne cause de tord qu'à lui-même et non au reste de la société, tandis que la lutte que celle-ci entreprend contre ces consommations a un coût sans commune mesure avec sa faible efficacité.
En outre, si l´on prend le cas du dopage, dans quel contexte se développe-t'il? En réalité, presque exclusivement dans celui du sport de très haut niveau, qui est un sport professionnel, donc en réalité beaucoup plus un SPECTACLE qu´un sport. Dans la société hyperfestive dont parlait Philippe Muray, le sport tel qu'il nous est servi par la télévision, a beaucoup plus à voir avec les jeux du cirque de l'Empire Romain, qu'avec l'idéal humaniste du mens sana in corpore sano. Le public paie pour voir ces sportifs, et il veut en avoir pour son argent; il en veut toujours plus; ça n'intéresse personne de regarder des cyclistes se traîner à 35 à l'heure sur les routes du Tour, ni de voir le vainqueur du 100 m aux Jeux Olympiques l'emporter en 10sec 2/10.
Il y a donc une énorme hypocrisie à voir ensuite ce même public s'indigner lorsqu'il apprend que l'un de ses sportifs favoris (sans doute plus maladroit que les autres) s'est fait prendre avec de l'EPO dans le sang, ou avec quelques seringues dans sa besace. Cet homme, en se dopant, ne faisait qu'exercer sa profession du mieux qu'il le pouvait, en s'efforçant de donner à son public ce que celui-ci attend de lui. Va-t'on contrôler si l'acrobate qui s'élance de son trapèze en haut du chapiteau du cirque, s'est pris une ligne de coke pour oublier ses angoisses? Va t'on contrôler si l'étudiant s'est bourré d'amphétamines pour tenir le coup pendant ses révisions avant l'examen? Ou si l'architecte qui a travaillé 48 heures d'affilée pour rendre son projet avant ladate limite en a fait de même?
De tous temps, les hommes ont utilisé des substances dont ils pensaient, à tord ou à raison, qu'elles allaient augmenter leurs performances, physiques ou mentales. Dans la société hypercompétitive où nous vivons, cette tendance ne peut que se renforcer. Et plus encore dans le monde de ce sport-spectacle, où les intérêts financiers sont énormes, sans parler de l'exacerbation du chauvinisme auquel donnent lieu ces grandes compétitions sportives: voir le décompte des médailles par pays lors des Jeux Olympiques.
Mais, dira-t'on, les résultats sont faussés, et les sportifs honnêtes, qui refusent le doping, ne luttent pas à armes ègales avec les autres! C'est peut-être vrai, encore que l'on puisse se demander s'ils sont très nombreux, les coureurs qui pendant le Tour de France, carburent uniquement à l'eau minérale. Lance Armstrong était sans doute dopé, mais un tocard même dopé ne gagnera jamais sept tours de France.
D'ailleurs, est-on réellement sûr que le doping, consommé de façon rationnelle et contrôlée, soit si dangereux? N'est-ce pas justement la clandestinité, en laissant les sportifs de compétition entre les mains de "sorciers" qui leur administrent des doses de cheval, qui leur fait courir des risques? Ou plutôt qui leur faisaient courir des risques (du temps où Simpson s'écroulait, la bave aux lèvres sur les pentes du Ventoux, avant de décéder quelques heures après), car aujourd'hui, même dans la clandestinité, les sportifs de haut niveau sont entre les mains d'équipes complètes de médecins, soigneurs, diététiciens, qui ont appris à contrôler les doses et éviter de faire courir des risques inutiles à leur poulain.
La dépénalisation du doping entrainerait-elle sa généralisation? Certainement pas. Ce n'est pas parce que le doping ne serait plus clandestin que le sportif amateur, celui qui ne fait du sport que pour son plaisir et pour se sentir bien dans son corps, se mettrait brusquement à en consommer. Il continuera à ne toucher, comme c'est le cas actuellement, que le sportif professionnel, celui qui vit de cette activité.
Laissons donc chacun d'eux déterminer, sous sa responsabilité, les risques qu'il est disposé à courir. Arrêtons cette gigantesque hypocrisie qui consiste à condamner, quand il se fait prendre, le sportif que nous célébrons comme un héros quand il nous donne le spectacle et la part de rève que nous attendons de lui.
Le summum de cette vertueuse indignation est atteint dans le long article que consacre au sujet le Nouvel Observateur du 15 novembre 2012 sous le titre: "Qui a couvert Lance Armstrong? En France, tant de gens savaient", où le texan est pratiquement assimilé à un chef mafieux digne des pire narcotrafiquants colombiens, régnant par la terreur sur le "milieu" du cyclisme.
Ce parallélisme entre drogue et doping n'est pas anodin: on retrouve dans les deux cas le même moralisme puritain, la même affirmation selon laquelle, le doping étant mauvais pour la santé, il doit être criminalisé, comme l'est la drogue. On retrouve également le même arsenal pénal fortement répressif, le même déploiement de moyens extrêmement coûteux et au bout du compte peu efficaces: de même que la lutte contre les drogues n'a pas fait régresser la consommation et a fait la fortune des narcotrafiquants, de même la lutte contre le dopage n'empêche pas celui-ci d´être plus généralisé que jamais, pour le plus grand profit des réseaux spécialisés dans le trafic (évidemment clandestin, puisque réprimé) de ces substances.
Finalement, dans les deux cas, on retrouve la même démarche profondément antilibérale, dans laquelle l'Etat s'arroge le droit de décider ce qui est bon ou ce qui est mauvais pour les hommes, sans laisser à ceux-ci le droit de prendre leurs responsabilités, de courir leurs risques, y compris celui de ruiner leur santé. On en arrive, dans le cas des sportifs, à des règles proprement hallucinantes et ouvertement attentatoires à la liberté individuelle; savez-vous par exemple qu'un sportif de haut niveau doit toujours être joignable, afin de pouvoir à tout moment pratiquer sur lui des contrôles inopinés? Savez-vous qu'un sportif victime d'un gros rhume ne peut pas se soigner comme tout un chacun, car beaucoup des médicaments que nous consommons dans ces cas-là pourraient donner positif lors d'un contrôle?
Dans les deux cas (consommation de drogue ou doping), il s´agit d'une activité dont l'auteur ne cause de tord qu'à lui-même et non au reste de la société, tandis que la lutte que celle-ci entreprend contre ces consommations a un coût sans commune mesure avec sa faible efficacité.
En outre, si l´on prend le cas du dopage, dans quel contexte se développe-t'il? En réalité, presque exclusivement dans celui du sport de très haut niveau, qui est un sport professionnel, donc en réalité beaucoup plus un SPECTACLE qu´un sport. Dans la société hyperfestive dont parlait Philippe Muray, le sport tel qu'il nous est servi par la télévision, a beaucoup plus à voir avec les jeux du cirque de l'Empire Romain, qu'avec l'idéal humaniste du mens sana in corpore sano. Le public paie pour voir ces sportifs, et il veut en avoir pour son argent; il en veut toujours plus; ça n'intéresse personne de regarder des cyclistes se traîner à 35 à l'heure sur les routes du Tour, ni de voir le vainqueur du 100 m aux Jeux Olympiques l'emporter en 10sec 2/10.
Il y a donc une énorme hypocrisie à voir ensuite ce même public s'indigner lorsqu'il apprend que l'un de ses sportifs favoris (sans doute plus maladroit que les autres) s'est fait prendre avec de l'EPO dans le sang, ou avec quelques seringues dans sa besace. Cet homme, en se dopant, ne faisait qu'exercer sa profession du mieux qu'il le pouvait, en s'efforçant de donner à son public ce que celui-ci attend de lui. Va-t'on contrôler si l'acrobate qui s'élance de son trapèze en haut du chapiteau du cirque, s'est pris une ligne de coke pour oublier ses angoisses? Va t'on contrôler si l'étudiant s'est bourré d'amphétamines pour tenir le coup pendant ses révisions avant l'examen? Ou si l'architecte qui a travaillé 48 heures d'affilée pour rendre son projet avant ladate limite en a fait de même?
De tous temps, les hommes ont utilisé des substances dont ils pensaient, à tord ou à raison, qu'elles allaient augmenter leurs performances, physiques ou mentales. Dans la société hypercompétitive où nous vivons, cette tendance ne peut que se renforcer. Et plus encore dans le monde de ce sport-spectacle, où les intérêts financiers sont énormes, sans parler de l'exacerbation du chauvinisme auquel donnent lieu ces grandes compétitions sportives: voir le décompte des médailles par pays lors des Jeux Olympiques.
Mais, dira-t'on, les résultats sont faussés, et les sportifs honnêtes, qui refusent le doping, ne luttent pas à armes ègales avec les autres! C'est peut-être vrai, encore que l'on puisse se demander s'ils sont très nombreux, les coureurs qui pendant le Tour de France, carburent uniquement à l'eau minérale. Lance Armstrong était sans doute dopé, mais un tocard même dopé ne gagnera jamais sept tours de France.
D'ailleurs, est-on réellement sûr que le doping, consommé de façon rationnelle et contrôlée, soit si dangereux? N'est-ce pas justement la clandestinité, en laissant les sportifs de compétition entre les mains de "sorciers" qui leur administrent des doses de cheval, qui leur fait courir des risques? Ou plutôt qui leur faisaient courir des risques (du temps où Simpson s'écroulait, la bave aux lèvres sur les pentes du Ventoux, avant de décéder quelques heures après), car aujourd'hui, même dans la clandestinité, les sportifs de haut niveau sont entre les mains d'équipes complètes de médecins, soigneurs, diététiciens, qui ont appris à contrôler les doses et éviter de faire courir des risques inutiles à leur poulain.
La dépénalisation du doping entrainerait-elle sa généralisation? Certainement pas. Ce n'est pas parce que le doping ne serait plus clandestin que le sportif amateur, celui qui ne fait du sport que pour son plaisir et pour se sentir bien dans son corps, se mettrait brusquement à en consommer. Il continuera à ne toucher, comme c'est le cas actuellement, que le sportif professionnel, celui qui vit de cette activité.
Laissons donc chacun d'eux déterminer, sous sa responsabilité, les risques qu'il est disposé à courir. Arrêtons cette gigantesque hypocrisie qui consiste à condamner, quand il se fait prendre, le sportif que nous célébrons comme un héros quand il nous donne le spectacle et la part de rève que nous attendons de lui.
Tuesday, 23 October 2012
Las FARC: ¿Cuantos votos?
Se cuenta que cuando a Hitler sus generales le llamaban la atención sobre el peligro de tener malas relaciones con el Vaticano, él les preguntaba con tono irónico: "el Vaticano: ¿Cuantas divisiones?".
Se podría parafrasear la frase de Hitler para preguntar: "Las FARC: ¿Cuantos votos?". Es en todo caso lo que deberíamos preguntarnos en el momento en que ellas pretenden ampliar de manera desmesurada la agenda de negociaciones en Oslo.
No entiendo como algunos (muchos, si se mira las columnas de opinión) pueden afirmar que si queremos negociar con las FARC, tenemos que estar dispuestos a hacer concesiones en numerosos aspectos: no solo la política de desarrollo agrario (lo cual ya fue aceptado por Santos), sino también la política minera, energética, del medio ambiente, fiscal, la estructura de las instituciones, y finalmente, el mismo modelo de desarrollo económico. En una columna de opinión, Daniel Samper establecía una lista alucinante de temas que deberían integrar la negociación, y muy lógicamente advertía, palabra mas, palabra menos: "la paz va a ser costosa, el sector privado debe estar preparado a pagar".
La primera observacion que podemos hacer es que, si nos lanzamos en esta vía, volvemos a cometer las equivocaciones del Caguan: quedaremos estancados en una negociación interminable, de varios años, sin ningún resultado.
Pero sobre todo, la pregunta de fondo es: ¿en nombre de que el gobierno legítimamente elegido por el pueblo colombiano, con su programa de gobierno, debería negociar dicho programa con una entidad, las FARC, que no dispone de ninguna legitimidad democrática? Uno puede estar de acuerdo o disentir de las políticas que lleva el gobierno actual; uno puede considerar que el país necesita una reforma agraria radical, y que la política diseñada por nuestro ministro de agricultura, Juan Camilo Restrepo, no va bastante lejos; uno puede considerar que el modelo económico actual, acusado de "neo liberalismo", es el principal responsable de las desigualdades y de la miseria... Todas las opiniones son respetables, a condición de que se presenten y defiendan en el marco de un debate democrático.
Hasta ahora, las FARC no han cumplido con esta condición. Mas adelante, si logran convertirse en un partido político legal y respetable, si terminan por renunciar a la "combinación de todas las formas de lucha", podrán presentar y defender sus tesis en el debate electoral, y veremos si son mayoritarias en el país (lo que parece dudoso, si se considera el poco éxito de las tesis presentadas por el Polo Democrático).
Pero por el momento, las FARC no tienen ninguna legitimidad para negociar otra cosa que las condiciones de su desmovilizacion, de su reinserción y de su eventual transformación en un partido político legal. Lo que de por si ya incluye temas bastante difíciles de resolver, particularmente el tratamiento judicial que se les debe reservar a los miembros de las FARC acusados de crímenes atroces: no se ve bien en nombre de que se debería reservar a los crímenes cometidos por las FARC un tratamiento mas favorable que a los de los paramilitares. Oímos bastante en el pasado que la ley de Justicia y Paz adoptada para permitir la reinsercion de los paramilitares era una ley demasiado indulgente, con la cual no se iba a lograr ni la justicia ni la paz: lo paradójico es que son los mismos que hace algunos años atacaban esa ley, y que ahora piden que los miembros de las FARC responsables de crímenes atroces no vayan a pasar "ni un solo día en la cárcel".
Todas estas dudas sobre los temas que se van a abordar en la negociación, y sobre la actitud que va a adoptar el gobierno frente a las reivindicaciones de las FARC, me llevan a preguntarme nuevamente como es posible que en un estado democrático, y con la importancia fundamental que reviste esta negociación para el país, no se haya abierto un gran debate político para decidir que es lo que se puede negociar y lo que no se puede, hasta donde puede ir el gobierno en sus concesiones, y en definitiva, que es lo que la sociedad colombiana está dispuesta a ceder para llegar a un acuerdo. Si nos referimos al ejemplo español, siempre existió una política de Estado, fruto de un consenso entre el PSOE y el PP, sobre la posibilidad de una negociación con la ETA. En cambio, en Colombia, tenemos que atenernos a lo que decida el presidente Santos, y confiar en que va a negociar pensando unicamente en el interés general y no en sus intereses electorales.
No pido que las negociaciones sean públicas (el ejemplo del Caguan nos muestra lo nefasto de un proceso de paz en estas condiciones), sino que por lo menos el pueblo colombiano sepa lo que se va a negociar, y tenga la posibilidad de expresar su acuerdo sobre las concesiones que el gobierno podría aceptar.
Se podría parafrasear la frase de Hitler para preguntar: "Las FARC: ¿Cuantos votos?". Es en todo caso lo que deberíamos preguntarnos en el momento en que ellas pretenden ampliar de manera desmesurada la agenda de negociaciones en Oslo.
No entiendo como algunos (muchos, si se mira las columnas de opinión) pueden afirmar que si queremos negociar con las FARC, tenemos que estar dispuestos a hacer concesiones en numerosos aspectos: no solo la política de desarrollo agrario (lo cual ya fue aceptado por Santos), sino también la política minera, energética, del medio ambiente, fiscal, la estructura de las instituciones, y finalmente, el mismo modelo de desarrollo económico. En una columna de opinión, Daniel Samper establecía una lista alucinante de temas que deberían integrar la negociación, y muy lógicamente advertía, palabra mas, palabra menos: "la paz va a ser costosa, el sector privado debe estar preparado a pagar".
La primera observacion que podemos hacer es que, si nos lanzamos en esta vía, volvemos a cometer las equivocaciones del Caguan: quedaremos estancados en una negociación interminable, de varios años, sin ningún resultado.
Pero sobre todo, la pregunta de fondo es: ¿en nombre de que el gobierno legítimamente elegido por el pueblo colombiano, con su programa de gobierno, debería negociar dicho programa con una entidad, las FARC, que no dispone de ninguna legitimidad democrática? Uno puede estar de acuerdo o disentir de las políticas que lleva el gobierno actual; uno puede considerar que el país necesita una reforma agraria radical, y que la política diseñada por nuestro ministro de agricultura, Juan Camilo Restrepo, no va bastante lejos; uno puede considerar que el modelo económico actual, acusado de "neo liberalismo", es el principal responsable de las desigualdades y de la miseria... Todas las opiniones son respetables, a condición de que se presenten y defiendan en el marco de un debate democrático.
Hasta ahora, las FARC no han cumplido con esta condición. Mas adelante, si logran convertirse en un partido político legal y respetable, si terminan por renunciar a la "combinación de todas las formas de lucha", podrán presentar y defender sus tesis en el debate electoral, y veremos si son mayoritarias en el país (lo que parece dudoso, si se considera el poco éxito de las tesis presentadas por el Polo Democrático).
Pero por el momento, las FARC no tienen ninguna legitimidad para negociar otra cosa que las condiciones de su desmovilizacion, de su reinserción y de su eventual transformación en un partido político legal. Lo que de por si ya incluye temas bastante difíciles de resolver, particularmente el tratamiento judicial que se les debe reservar a los miembros de las FARC acusados de crímenes atroces: no se ve bien en nombre de que se debería reservar a los crímenes cometidos por las FARC un tratamiento mas favorable que a los de los paramilitares. Oímos bastante en el pasado que la ley de Justicia y Paz adoptada para permitir la reinsercion de los paramilitares era una ley demasiado indulgente, con la cual no se iba a lograr ni la justicia ni la paz: lo paradójico es que son los mismos que hace algunos años atacaban esa ley, y que ahora piden que los miembros de las FARC responsables de crímenes atroces no vayan a pasar "ni un solo día en la cárcel".
Todas estas dudas sobre los temas que se van a abordar en la negociación, y sobre la actitud que va a adoptar el gobierno frente a las reivindicaciones de las FARC, me llevan a preguntarme nuevamente como es posible que en un estado democrático, y con la importancia fundamental que reviste esta negociación para el país, no se haya abierto un gran debate político para decidir que es lo que se puede negociar y lo que no se puede, hasta donde puede ir el gobierno en sus concesiones, y en definitiva, que es lo que la sociedad colombiana está dispuesta a ceder para llegar a un acuerdo. Si nos referimos al ejemplo español, siempre existió una política de Estado, fruto de un consenso entre el PSOE y el PP, sobre la posibilidad de una negociación con la ETA. En cambio, en Colombia, tenemos que atenernos a lo que decida el presidente Santos, y confiar en que va a negociar pensando unicamente en el interés general y no en sus intereses electorales.
No pido que las negociaciones sean públicas (el ejemplo del Caguan nos muestra lo nefasto de un proceso de paz en estas condiciones), sino que por lo menos el pueblo colombiano sepa lo que se va a negociar, y tenga la posibilidad de expresar su acuerdo sobre las concesiones que el gobierno podría aceptar.
Sunday, 21 October 2012
Matrimonio y adopción en parejas homosexuales (II)
Pensaba haberme expresado suficientemente sobre el tema, sin embargo la publicación esta semana por la revista Le Point de una excelente entrevista de Pierre Lévy-Soussan, pedo psiquiatra y psicoanalista francés especialista de los temas de la adopción, me lleva a agregar algunos comentarios complementarios.
Lévy-Soussan tiene toda la razón en afirmar que el problema no es la educación de un niño por una pareja homosexual, sino LA FILIACIÓN, o sea el hecho de inventar una ficción tan extravagante como monstruosa de un niño nacido de dos personas de mismo sexo.
La adopcion por una pareja heterosexual también es una ficción, ya que en el nuevo registro civil de nacimiento, se indica que el niño es hijo de Fulano y Fulana, cuando a nivel biológico no lo es; sin embargo, se trata de una ficción PLAUSIBLE, muy distinta de la que se crearía con la adopción por parejas homosexuales.
Uno de los argumentos esgrimidos por la comunidad gay para exigir la legalización de la adopción por parejas homosexuales, es que en la realidad este tipo de familias ya existe, pero la ausencia de reconocimiento legal dejaría a los niños que viven en ellas en el limbo jurídico.
Es verdad que estas familias ya existen, son cada vez mas numerosas, y como lo dije en mi articulo anterior, nada permite decir actualmente que los niños criados en estas familias sean menos felices o presenten mas problemas que los que se educan en familias heterosexuales. Pero es importante anotar que estos niños saben perfectamente quien es su padre o su madre, y no se les ocurre decir que tienen dos padres o dos madres. En un articulo reciente publicado por Le Monde en el cual se presentaba testimonios de varios jóvenes educados en estas condiciones, todos hablaban de "mi madre y su compañera, mi padre y su amigo", y no de "mis dos madres, mis dos padres".
Como ya lo escribí, no se trata de impedir que jóvenes puedan ser educados en el seno de hogares homosexuales, si las circunstancias de la vida hacen que uno de los miembros de la pareja ya tiene hijos, o llega a ser padre o madre posteriormente al inicio de la unión homosexual. Lo único que no se puede aceptar, porque va en contra de las leyes mas básicas de la naturaleza, es que un niño pueda figurar en su estado civil como nacido de "Fulano y Fulano".
Entonces, dirán algunos, ¿como resolver la situación de estos niños que viven de hecho en parejas homosexuales? De manera muy sencilla: de igual manera que yo proponía la creación de un marco jurídico para parejas homosexuales, que no se llamaría "matrimonio" (la palabra "matrimonio" queda reservada a la unión de un hombre y una mujer), se podría incluir en esta legislación, para el miembro de la pareja que no es el padre (o la madre) del niño, la posibilidad de ejercer algunos de los atributos de la paternidad: posibilidad de transmitir su patrimonio, posibilidad de sustituirse al padre en caso de ausencia transitoria o incluso definitiva de éste, ejercicio de patria potestad...
Lo único que no se debe hacer es crear esta "quimera" en la cual algunos seres humanos serian considerados como nacidos de dos progenitores de mismo sexo.
Lévy-Soussan tiene toda la razón en afirmar que el problema no es la educación de un niño por una pareja homosexual, sino LA FILIACIÓN, o sea el hecho de inventar una ficción tan extravagante como monstruosa de un niño nacido de dos personas de mismo sexo.
La adopcion por una pareja heterosexual también es una ficción, ya que en el nuevo registro civil de nacimiento, se indica que el niño es hijo de Fulano y Fulana, cuando a nivel biológico no lo es; sin embargo, se trata de una ficción PLAUSIBLE, muy distinta de la que se crearía con la adopción por parejas homosexuales.
Uno de los argumentos esgrimidos por la comunidad gay para exigir la legalización de la adopción por parejas homosexuales, es que en la realidad este tipo de familias ya existe, pero la ausencia de reconocimiento legal dejaría a los niños que viven en ellas en el limbo jurídico.
Es verdad que estas familias ya existen, son cada vez mas numerosas, y como lo dije en mi articulo anterior, nada permite decir actualmente que los niños criados en estas familias sean menos felices o presenten mas problemas que los que se educan en familias heterosexuales. Pero es importante anotar que estos niños saben perfectamente quien es su padre o su madre, y no se les ocurre decir que tienen dos padres o dos madres. En un articulo reciente publicado por Le Monde en el cual se presentaba testimonios de varios jóvenes educados en estas condiciones, todos hablaban de "mi madre y su compañera, mi padre y su amigo", y no de "mis dos madres, mis dos padres".
Como ya lo escribí, no se trata de impedir que jóvenes puedan ser educados en el seno de hogares homosexuales, si las circunstancias de la vida hacen que uno de los miembros de la pareja ya tiene hijos, o llega a ser padre o madre posteriormente al inicio de la unión homosexual. Lo único que no se puede aceptar, porque va en contra de las leyes mas básicas de la naturaleza, es que un niño pueda figurar en su estado civil como nacido de "Fulano y Fulano".
Entonces, dirán algunos, ¿como resolver la situación de estos niños que viven de hecho en parejas homosexuales? De manera muy sencilla: de igual manera que yo proponía la creación de un marco jurídico para parejas homosexuales, que no se llamaría "matrimonio" (la palabra "matrimonio" queda reservada a la unión de un hombre y una mujer), se podría incluir en esta legislación, para el miembro de la pareja que no es el padre (o la madre) del niño, la posibilidad de ejercer algunos de los atributos de la paternidad: posibilidad de transmitir su patrimonio, posibilidad de sustituirse al padre en caso de ausencia transitoria o incluso definitiva de éste, ejercicio de patria potestad...
Lo único que no se debe hacer es crear esta "quimera" en la cual algunos seres humanos serian considerados como nacidos de dos progenitores de mismo sexo.
Friday, 28 September 2012
La versatilidad de la opinion publica?
Lo que podría sorprender a primera vista el observador externo es la inmensa versatilidad de la opinión publica en Colombia. Desde el día en que Juan Manuel Santos confirmo la próxima apertura de negociaciones con las FARC, la prensa esta inundada de comentarios elogiosos, en los cuales las personalidades mas diversas, del mundo político pero también de los negocios y de la sociedad civil expresan su apoyo al presidente en su intento para buscar la paz. Su nivel de popularidad ha conocido un salto favorable bastante espectacular en los sondeos, y él que realiza una revista de prensa puede tener la ilusión de una nación unánime reunida alrededor de su presidente.
Esto es aun mas sorprendente cuando uno se acuerda que hace un poco mas de dos años, antes de la elección de Santos, los mismos sondeos mostraban una opinión publica reunida detrás de Uribe, en un repudio casi unánime de las FARC, considerando los que sugerían una posibilidad de negociación como unos derrotistas, malos colombianos, amigos de la guerrilla.
Sin embargo, si se mira mas detenidamente los sondeos, uno se puede dar cuenta que el "país real" no es tan cándido, y no traga entero el cuento de la paz a la vuelta del camino.
A la pregunta: "?Esta a favor del proceso de paz que se acaba de iniciar?", una inmensa mayoría responde de manera positiva. Y ?Que mas se podía esperar? Claro que todo el mundo esta a favor de la paz; todo el mundo esta cansado de mas de 50 años, cuya absurdidad se esta volviendo cada vez mas evidente.
Pero cuando se comienza a profundizar, y a mirar en que condiciones los colombianos están dispuestos en llegar a la paz, las cosas son muy distintas.
Una cantidad de columnas de opinión, proveniente de los "políticamente correctos" (o sea los que se consideran de izquierda), ha expresado la idea según la cual "la paz va a ser costosa": a la sociedad colombiana, le va a tocar "meterse la mano al dril"; un articulo reciente de la revista SEMANA indicaba que la paz no llevara ninguna reducción del gasto militar (lo que efectivamente parece probable"), pero que en cambio conllevara una serie importante de gastos, primero para permitir la reinsercion de los guerrilleros desmovilizados (lo que parece indispensable), y segundo para acceder a algunas de las reivindicaciones mas prioritarias de las FARC (lo que a mi me parece mucho menos legitimo)..
Frente a esta idea, las reacciones de la sociedad civil son mucho mas dudosas, lo que muestra que la opinión publica no esta dispuesta en tragar entero el cuento de la paz a cualquier costo.
- El sector empresarial, el cual ya ha tenido que aportar para el esfuerzo de guerra que significo la política de Uribe, no esta dispuesto a aportar mas para las políticas de paz.
- La mayoría de la opinión publica no cree en la sinceridad de las FARC, y no acepta el cuento según el cual "no tienen una sola persona secuestrada" y "no tienen nada que ver con el narcotrafico".
Esto demuestra que el pueblo colombiano no es tan cándido como algunos podrían pensarlo, y no sigue con o)jos cerrados lo que expresa la inteligentzia de los medios de comunicación.
También demuestra algo que me parece fundamental: el gobierno no puede negociar de manera opaca, sin que nadie sepa lo que esta dispuesto a ceder. Debe existir un consenso por parte de la sociedad colombiana para saber lo que es negociable y lo que no lo es. Este trabajo no se ha hecho, y el gobierno va a llegar a la mesa de negociaciones sin ningún mandato democrático; negociara en función de sus intereses propios, particularmente electorales (un fracaso de la negociación seria un desastre para las ambiciones de reelección de Santos).
Esta ausencia de transparencia en las condiciones de lo que se va a negociar me parece inadmisibles en un país que se pretende democrático. Que mandato tiene el gobierno para negociar con las FARC puntos tan fundamentales como el modelo de desarrollo agrario, la explotación de los recursos mineros, la política anti droga, o de manera mas amplia el modelo de desarrollo económico (neo liberal, socialdemócrata, dirigista) del país?
Esto es aun mas sorprendente cuando uno se acuerda que hace un poco mas de dos años, antes de la elección de Santos, los mismos sondeos mostraban una opinión publica reunida detrás de Uribe, en un repudio casi unánime de las FARC, considerando los que sugerían una posibilidad de negociación como unos derrotistas, malos colombianos, amigos de la guerrilla.
Sin embargo, si se mira mas detenidamente los sondeos, uno se puede dar cuenta que el "país real" no es tan cándido, y no traga entero el cuento de la paz a la vuelta del camino.
A la pregunta: "?Esta a favor del proceso de paz que se acaba de iniciar?", una inmensa mayoría responde de manera positiva. Y ?Que mas se podía esperar? Claro que todo el mundo esta a favor de la paz; todo el mundo esta cansado de mas de 50 años, cuya absurdidad se esta volviendo cada vez mas evidente.
Pero cuando se comienza a profundizar, y a mirar en que condiciones los colombianos están dispuestos en llegar a la paz, las cosas son muy distintas.
Una cantidad de columnas de opinión, proveniente de los "políticamente correctos" (o sea los que se consideran de izquierda), ha expresado la idea según la cual "la paz va a ser costosa": a la sociedad colombiana, le va a tocar "meterse la mano al dril"; un articulo reciente de la revista SEMANA indicaba que la paz no llevara ninguna reducción del gasto militar (lo que efectivamente parece probable"), pero que en cambio conllevara una serie importante de gastos, primero para permitir la reinsercion de los guerrilleros desmovilizados (lo que parece indispensable), y segundo para acceder a algunas de las reivindicaciones mas prioritarias de las FARC (lo que a mi me parece mucho menos legitimo)..
Frente a esta idea, las reacciones de la sociedad civil son mucho mas dudosas, lo que muestra que la opinión publica no esta dispuesta en tragar entero el cuento de la paz a cualquier costo.
- El sector empresarial, el cual ya ha tenido que aportar para el esfuerzo de guerra que significo la política de Uribe, no esta dispuesto a aportar mas para las políticas de paz.
- La mayoría de la opinión publica no cree en la sinceridad de las FARC, y no acepta el cuento según el cual "no tienen una sola persona secuestrada" y "no tienen nada que ver con el narcotrafico".
Esto demuestra que el pueblo colombiano no es tan cándido como algunos podrían pensarlo, y no sigue con o)jos cerrados lo que expresa la inteligentzia de los medios de comunicación.
También demuestra algo que me parece fundamental: el gobierno no puede negociar de manera opaca, sin que nadie sepa lo que esta dispuesto a ceder. Debe existir un consenso por parte de la sociedad colombiana para saber lo que es negociable y lo que no lo es. Este trabajo no se ha hecho, y el gobierno va a llegar a la mesa de negociaciones sin ningún mandato democrático; negociara en función de sus intereses propios, particularmente electorales (un fracaso de la negociación seria un desastre para las ambiciones de reelección de Santos).
Esta ausencia de transparencia en las condiciones de lo que se va a negociar me parece inadmisibles en un país que se pretende democrático. Que mandato tiene el gobierno para negociar con las FARC puntos tan fundamentales como el modelo de desarrollo agrario, la explotación de los recursos mineros, la política anti droga, o de manera mas amplia el modelo de desarrollo económico (neo liberal, socialdemócrata, dirigista) del país?
Wednesday, 29 August 2012
Nuevo proceso de paz en Colombia?
Hace dos noches, el presidente Juan Manuel Santos confirmó publicamente lo que se rumoreaba desde hace varios días: la apertura de "conversaciones exploratorias" con las FARC.
Muchos colombianos se han quedado muy ardidos por el recuerdo de las conversaciones del Caguan entre el gobierno Pastrana y las FARC entre 1998 y 2002, en las cuales las fuerzas armadas colombianas tuvieron que evacuar un territorio selvático de más de 42.000 km2, permitiendo la consolidación de esta guerrilla; por lo tanto, miran con gran desconfianza estos acercamientos. Para tratar de aquietar esta desconfianza, el único compromiso concreto que anunció Santos en su declaración fue que "se mantendrán las operaciones y la presencia militar sobre cada centímetro del territorio nacional”. Esto significa: no habrá zono de despegue. De otra manera, la opinión pública no lo hubiera aceptado.
Para comenzar, una evidencia: la relación de fuerza actual entre las dos partes es totalmente diferente a la de 1998: entoncés, el ejercito colombiano estaba desmoralizado y retrocedía en todas sus frentes: tenía más de 500 hombres prisioneros de las FARC, las cuales no dudaban en concentrar sus tropas para atacar bases militares; entre civiles y militares, la guerrilla mantenía más de 3000 personas como rehenes; su objetivo proclamado de derrocar el gobierno y tomar el poder ya parecía alcanzable. Finalmente, una situación en la cual las FARC no tenían ninguna motivación real para buscar la paz, en un momento en que la victoria les parecía al alcance de la mano.
Hoy, en 2012, y después de 8 años de acción exitosa del gobierno uribista, la situación es radicalmente distinta: las FARC han sido arrinconadas en las zonas más selváticas y poco pobladas, las mismas que ocupaban hace 20 o 30 años; varios de sus principales jefes han muerto en operaciones realizadas por el ejército; sus efectivos han disminuido de más de la mitad; su control de porciones del territorio está en fuerte retroceso, y ni el más fanático o ciego de los lideres de la guerrilla puede todavía albergar la esperanza de una toma del poder. Mientrás en 1998, el tiempo jugaba a su favor, hoy en día juega en su contra.
Sin embargo, este franco retroceso de la guerrilla no permite apostar por un pronto final del conflicto, por dos motivos: primero, es una guerrilla que todavía es rica, y lo seguira siendo mientras siga controlando una parte importante del dinero de la droga; segundo, se beneficia de la complicidad y del apoyo de los gobiernos de los dos países vecinos, Venezuela y Ecuador, lo que le permite refugiarse en sus territorios cuando la presión del ejercito colombiano es demasiado fuerte. La guerrilla no está vencida y conserva una capacidad de provocar daños, como lo demuestra la reciente ola de atentados contra las infraestructuras del país.
Por lo tanto, las premisas en que se apoya el presidente Santos para tomar esta inicitiva de diálogo parecen acertadas: de una lado las FARC pueden tener esta vez una motivación sincera a negociar, teniendo en cuenta la relación de fuerza desfavorable para ellas; y del otro lado está el hecho que, si no se negocia, pueden seguir resistiendo durante todavía numerosos años, obligando el gobierno a mantener un esfuerzo militar muy costoso para el desarrollo del país.
Todo el problema es de saber que se va a negociar, y en que condiciones.
Santos, desde su elección, había fijado una serie de condiciones previas a cualquier negociación, entre las cuales figuraban la devolución de todos los rehenes y el compromiso de abandonar el secuestro, y el final de los atentados terroristas. No se le puede reprochar a Santos de no haber pactado estas condiciones, ya que formalmente las negociaciones no han comenzado. Pero me parece que la primera etapa de dichas negociaciones, cuando se abran en un mes, probablemente en Noruega, será fijar la aceptación por las FARC de estas dos condiciones como punto previo antes de adelantar cualquier otra negociación. Solo esta aceptación por las FARC (y su cumplimiento) podrá dar una garantía de que su deseo de llegar a un acuerdo es sincero.
Algunos piensan que la proclamación de un cese al fuego debería ser también una condición previa a cualquier negociación. Sería probablemente deseable, sin embargo la experiencia muestra que este tipo de cese al fuego antes de llegar a cualquier principio de acuerdo es muy fragil, y que además da oportunidades a los que desean el fracaso del diálogo para realizar acciones provocadoras incontrolables, ataques, atentados etc., cuyo objetivo es justamente el de llevar a la ruptura del diálogo al acusar a la otra parte de haber violado el cese al fuego.
Pero de mi punto de vista, lo más importante es el contenido mismo de la negociación, una vez se haya llegado a un pre-acuerdo sobre las condiciones previas (devolución de los rehenes, final de los secuestros y de los atentados terroristas).
Ya se lee, bajo la pluma de numerosos periodistas, o se oye en las declaraciones de algunos políticos, que esta negociación deberá incluir a la sociedad civil o al "movimiento social", y se habla de un orden del día amplio, incluyendo reforma agraria, política de desarrollo rural, participación política etc. Me parece que esto sería reproducir el gran "show" del Caguan, y sería la mejor manera de hundir estas negociaciones en las arenas movedizas de la cháchara inutil y de la demagogía.
Y sobre todo, me parece que el problema principal es el siguiente: ¿Cual es la legitimidad de las FARC para que se vaya a negociar estos puntos? O hablando como Hitler cuando preguntaba: "El Vaticano, ¿Cuantas divisiones?", uno puede preguntar: las FARC: ¿Cuantos votos?
En un regimen democrático, solo el apoyo popular, manifestado a través del voto, da a una agrupación la legitimidad para imponer una política. Y hasta que se demuestre lo contrario, las FARC no parecen beneficiarse de este apoyo popular. Quizas algún día lo tenga, si logra transformarse en partido político legal, competir en elecciones libres con los demás partidos, y hacer triunfar sus tesis y su programa. Pero por el momento, no es sino un grupo ilegal que, a través de sus acciones terroristas, secuestros, boleteo etc., ha logrado enajenarse cualquier tipo de apoyo popular.
Por lo tanto, el orden del día de la negociación debe ser muy corto, y limitarse a contemplar las condiciones de desmovilización de las FARC (no hablemos de "rendición", como lo propone Uribe, ya que como lo hemos visto, no están vencidas), de su reintegración a la vida civil, de por sí muy delicada, si queremos evitar que gran parte de sus miembros se conviertan en BACRIM, de las garantías que se les puede ofrecer para que no vuelva a pasar lo que ocurrió con la Unión Patriótica, y de la posibilidad para ellas de convertirse en partido político legal, como lo hizo el M19 en 1989.
Esto es probablemente muy alejado de las expectativas de la dirigencia de las FARC y de sus simpatizantes; muchos de ellos podrán considerar que no han luchado durante 50 años para tan bajo resultado; pero lo peor sería querer llegar a un acuerdo a cualquier costo. Si las FARC se niegan a negociar sobre un orden del día limitado a estos puntos, esto demostrará sencillamente que "el fruto todavía no está maduro", y que este intento de negociación era prematuro.
Para terminar, queda el punto, quizas el más delicado de todos, del tratamiento judicial de los miembros de las FARC autores de crímenes graves. Hace algunos años (por ejemplo en la época de las negociaciones con el M19), esto se resolvía ccn una buena amnistia general, un "borrón y cuenta nueva"; hoy esto ya no es posible, por los compromisos internacionales de Colombia y su adhesión a las reglas de la Corte Penal Internacional. Y además semejante paz, obtenida sin tener en cuenta las victimas, no podrá ser una paz duradera.
Teoricamente, el marco jurídico diseñado con la Ley "Justicia y Paz", debería aplicarse; nunca se ha dicho que fuera reservado a los paramilitares, tiene en principio vocación para aplicarse a los miembros de cualquier grupo ilegal que se desmovilicen. ¿Será que los que consideraban esta ley demasiado indulgente para los paramilitares, la van a considerar como demasiado dura para los farcianos? Y sobre todo, ¿será que los principales responsables de los crímenes de las FARC van a aceptar "confesar todos sus crimenes", devolver los bienes adquiridos ilegalmente y por la violencia, y pasar hasta 8 años en la carcel? Esto parece francamente improbable.
Lo que además parece bastante criticable en el proceso de paz que se inicia, es que en ningún momento se haya debatido publicamente, como corresponde en una democracia, entre los principales partidos, para definir previamente a la apertura de una negociación, de manera clara (comosehizo por ejemplo en España para negociar con la ETA), cuales son los puntos negociables, hasta donde, y cuales los que no lo son. Esto alimenta la desconfianza de grandes sectores de la opinión pública, y hace que este nuevo proceso vaya arrancando sobre bases muy débiles.
Muchos colombianos se han quedado muy ardidos por el recuerdo de las conversaciones del Caguan entre el gobierno Pastrana y las FARC entre 1998 y 2002, en las cuales las fuerzas armadas colombianas tuvieron que evacuar un territorio selvático de más de 42.000 km2, permitiendo la consolidación de esta guerrilla; por lo tanto, miran con gran desconfianza estos acercamientos. Para tratar de aquietar esta desconfianza, el único compromiso concreto que anunció Santos en su declaración fue que "se mantendrán las operaciones y la presencia militar sobre cada centímetro del territorio nacional”. Esto significa: no habrá zono de despegue. De otra manera, la opinión pública no lo hubiera aceptado.
Para comenzar, una evidencia: la relación de fuerza actual entre las dos partes es totalmente diferente a la de 1998: entoncés, el ejercito colombiano estaba desmoralizado y retrocedía en todas sus frentes: tenía más de 500 hombres prisioneros de las FARC, las cuales no dudaban en concentrar sus tropas para atacar bases militares; entre civiles y militares, la guerrilla mantenía más de 3000 personas como rehenes; su objetivo proclamado de derrocar el gobierno y tomar el poder ya parecía alcanzable. Finalmente, una situación en la cual las FARC no tenían ninguna motivación real para buscar la paz, en un momento en que la victoria les parecía al alcance de la mano.
Hoy, en 2012, y después de 8 años de acción exitosa del gobierno uribista, la situación es radicalmente distinta: las FARC han sido arrinconadas en las zonas más selváticas y poco pobladas, las mismas que ocupaban hace 20 o 30 años; varios de sus principales jefes han muerto en operaciones realizadas por el ejército; sus efectivos han disminuido de más de la mitad; su control de porciones del territorio está en fuerte retroceso, y ni el más fanático o ciego de los lideres de la guerrilla puede todavía albergar la esperanza de una toma del poder. Mientrás en 1998, el tiempo jugaba a su favor, hoy en día juega en su contra.
Sin embargo, este franco retroceso de la guerrilla no permite apostar por un pronto final del conflicto, por dos motivos: primero, es una guerrilla que todavía es rica, y lo seguira siendo mientras siga controlando una parte importante del dinero de la droga; segundo, se beneficia de la complicidad y del apoyo de los gobiernos de los dos países vecinos, Venezuela y Ecuador, lo que le permite refugiarse en sus territorios cuando la presión del ejercito colombiano es demasiado fuerte. La guerrilla no está vencida y conserva una capacidad de provocar daños, como lo demuestra la reciente ola de atentados contra las infraestructuras del país.
Por lo tanto, las premisas en que se apoya el presidente Santos para tomar esta inicitiva de diálogo parecen acertadas: de una lado las FARC pueden tener esta vez una motivación sincera a negociar, teniendo en cuenta la relación de fuerza desfavorable para ellas; y del otro lado está el hecho que, si no se negocia, pueden seguir resistiendo durante todavía numerosos años, obligando el gobierno a mantener un esfuerzo militar muy costoso para el desarrollo del país.
Todo el problema es de saber que se va a negociar, y en que condiciones.
Santos, desde su elección, había fijado una serie de condiciones previas a cualquier negociación, entre las cuales figuraban la devolución de todos los rehenes y el compromiso de abandonar el secuestro, y el final de los atentados terroristas. No se le puede reprochar a Santos de no haber pactado estas condiciones, ya que formalmente las negociaciones no han comenzado. Pero me parece que la primera etapa de dichas negociaciones, cuando se abran en un mes, probablemente en Noruega, será fijar la aceptación por las FARC de estas dos condiciones como punto previo antes de adelantar cualquier otra negociación. Solo esta aceptación por las FARC (y su cumplimiento) podrá dar una garantía de que su deseo de llegar a un acuerdo es sincero.
Algunos piensan que la proclamación de un cese al fuego debería ser también una condición previa a cualquier negociación. Sería probablemente deseable, sin embargo la experiencia muestra que este tipo de cese al fuego antes de llegar a cualquier principio de acuerdo es muy fragil, y que además da oportunidades a los que desean el fracaso del diálogo para realizar acciones provocadoras incontrolables, ataques, atentados etc., cuyo objetivo es justamente el de llevar a la ruptura del diálogo al acusar a la otra parte de haber violado el cese al fuego.
Pero de mi punto de vista, lo más importante es el contenido mismo de la negociación, una vez se haya llegado a un pre-acuerdo sobre las condiciones previas (devolución de los rehenes, final de los secuestros y de los atentados terroristas).
Ya se lee, bajo la pluma de numerosos periodistas, o se oye en las declaraciones de algunos políticos, que esta negociación deberá incluir a la sociedad civil o al "movimiento social", y se habla de un orden del día amplio, incluyendo reforma agraria, política de desarrollo rural, participación política etc. Me parece que esto sería reproducir el gran "show" del Caguan, y sería la mejor manera de hundir estas negociaciones en las arenas movedizas de la cháchara inutil y de la demagogía.
Y sobre todo, me parece que el problema principal es el siguiente: ¿Cual es la legitimidad de las FARC para que se vaya a negociar estos puntos? O hablando como Hitler cuando preguntaba: "El Vaticano, ¿Cuantas divisiones?", uno puede preguntar: las FARC: ¿Cuantos votos?
En un regimen democrático, solo el apoyo popular, manifestado a través del voto, da a una agrupación la legitimidad para imponer una política. Y hasta que se demuestre lo contrario, las FARC no parecen beneficiarse de este apoyo popular. Quizas algún día lo tenga, si logra transformarse en partido político legal, competir en elecciones libres con los demás partidos, y hacer triunfar sus tesis y su programa. Pero por el momento, no es sino un grupo ilegal que, a través de sus acciones terroristas, secuestros, boleteo etc., ha logrado enajenarse cualquier tipo de apoyo popular.
Por lo tanto, el orden del día de la negociación debe ser muy corto, y limitarse a contemplar las condiciones de desmovilización de las FARC (no hablemos de "rendición", como lo propone Uribe, ya que como lo hemos visto, no están vencidas), de su reintegración a la vida civil, de por sí muy delicada, si queremos evitar que gran parte de sus miembros se conviertan en BACRIM, de las garantías que se les puede ofrecer para que no vuelva a pasar lo que ocurrió con la Unión Patriótica, y de la posibilidad para ellas de convertirse en partido político legal, como lo hizo el M19 en 1989.
Esto es probablemente muy alejado de las expectativas de la dirigencia de las FARC y de sus simpatizantes; muchos de ellos podrán considerar que no han luchado durante 50 años para tan bajo resultado; pero lo peor sería querer llegar a un acuerdo a cualquier costo. Si las FARC se niegan a negociar sobre un orden del día limitado a estos puntos, esto demostrará sencillamente que "el fruto todavía no está maduro", y que este intento de negociación era prematuro.
Para terminar, queda el punto, quizas el más delicado de todos, del tratamiento judicial de los miembros de las FARC autores de crímenes graves. Hace algunos años (por ejemplo en la época de las negociaciones con el M19), esto se resolvía ccn una buena amnistia general, un "borrón y cuenta nueva"; hoy esto ya no es posible, por los compromisos internacionales de Colombia y su adhesión a las reglas de la Corte Penal Internacional. Y además semejante paz, obtenida sin tener en cuenta las victimas, no podrá ser una paz duradera.
Teoricamente, el marco jurídico diseñado con la Ley "Justicia y Paz", debería aplicarse; nunca se ha dicho que fuera reservado a los paramilitares, tiene en principio vocación para aplicarse a los miembros de cualquier grupo ilegal que se desmovilicen. ¿Será que los que consideraban esta ley demasiado indulgente para los paramilitares, la van a considerar como demasiado dura para los farcianos? Y sobre todo, ¿será que los principales responsables de los crímenes de las FARC van a aceptar "confesar todos sus crimenes", devolver los bienes adquiridos ilegalmente y por la violencia, y pasar hasta 8 años en la carcel? Esto parece francamente improbable.
Lo que además parece bastante criticable en el proceso de paz que se inicia, es que en ningún momento se haya debatido publicamente, como corresponde en una democracia, entre los principales partidos, para definir previamente a la apertura de una negociación, de manera clara (comosehizo por ejemplo en España para negociar con la ETA), cuales son los puntos negociables, hasta donde, y cuales los que no lo son. Esto alimenta la desconfianza de grandes sectores de la opinión pública, y hace que este nuevo proceso vaya arrancando sobre bases muy débiles.
Subscribe to:
Posts (Atom)
