miércoles, 3 de mayo de 2017

LE PEN ET MELANCHON: BLANC BONNET ET BONNET BLANC

Il est frappant de constater combien la presse, les médias, les réseaux sociaux... réservent un traitement différent aux deux extrémismes qui au total ont rassemblé plus de 40% du corps électoral au premier tour de l'élection présidentielle: l'extrémisme de droite, avec le Front National de Marine Le Pen, et l'extrémisme de gauche, avec les Insoumis de Jean-Luc Mélenchon.

Alors que le premier est considéré comme totalement infréquentable, en tant qu'héritier direct des idéologies fascistes et nazies de l'entre deux guerres, avec leur contenu raciste, antisémite et xénophobe, le second fait tout au plus l'objet de quelques critiques sur son programme économique jugé excessivement dépensier et peu réaliste, mais cela va rarement au delà; on n'entend au contraire que des louanges sur les qualités d'orateur de son leader Jean-Luc Mélenchon, sur sa culture, son attitude de vieux sage débonnaire, sa préoccupation pour l'écologie, son aptitude à donner des réponses aux problèmes concrets des vrais "gens" (comme si Marie Le Pen ne le faisait pas également - elle n'aurait pas sans cela réuni prés de 8 millions d'électeurs). Le problème n'est évidemment pas de donner des réponses aux préoccupations des gens, mais de savoir quelle est la qualité de ces réponses.

L'habitude a été prise en France d'opposer les partis dits "républicains", c'est à dire acceptant les valeurs de la République, à ceux qui ne le sont pas (en fait, le seul Front National); donc bien entendu, le parti de Jean-Luc Mélenchon est considéré comme étant du côté des partis républicains.

Pourtant, si l'on y regarde d'un peu plus près, les points de ressemblance entre le Front National et les Insoumis sont bien plus évidents que leurs prétendues différences:
- de même qu'il existe une filiation, même lointaine, entre le Front National et les différents fascismes de l'entre deux guerres (je dis bien lointaine, je n'accuse pas Marine Le Pen de vouloir instaurer une dictature totalitaire semblable à celles d'Hitler ou Mussolini), personne ne peut nier la filiation existant entre les Insoumis et le marxisme: même anticapitalisme foncier, même appel à la lutte des classes, même rhétorique anti-bourgeoisie... Là encore, je n'accuse pas Mélenchon de vouloir instaurer en France une dictature de type stalinien, cependant ses éloges du régime chaviste du Vénézuela, en dépit de son désastre économique et de ses nombreuses violations des droits de l'homme, laissent songeur.
- Mélenchon, comme Le Pen, est l'avocat d'une politique de fermeture des frontières et de repli du pays sur lui-même: critique de la mondialisation, rejet de l'Union Européenne, rejet du libre-échange, recherche de boucs émissaires à l'étranger (l'Allemagne, les Etats-Unis); même s'il ne met pas autant que le Front National l'accent sur le contrôle de l'immigration, il a fortement réduit son internationalisme qui avait sans doute été la cause principale de son score décevant lors de la présidentielle antérieure.
- les économistes ont largement montré les points de convergence entre les programmes économiques du Front National et des Insoumis, ces deux politiques partant du même pari: une fois affranchie des disciplines que nous impose l'Union Européenne, une fois récupérée la souveraineté monétaire et donc la possibilité de financer les déficits par la planche à billets, plus rien ne s'oppose à laisser ceux-ci se creuser, et à faire toutes sortes de promesses démagogiques: retour à la retraite à 60 ans, maintien de la semaine de 35 heures (ou même passage aux 32 heures), annulation de la Loi El Khomri, recrutement massif de nouveaux fonctionnaires, augmentation considérable du SMIC.

Il est politiquement incorrect de mettre sur le même plan l’extrémisme de droite et celui de gauche, le fascisme et le communisme; pourtant, pour le caractère nocif de leur programme, mais surtout pour leur filiation évidente avec les deux idéologies les plus mortifères de l'histoire de l'humanité, je ne vois pas pour quelle raison nous devrions opposer les "bons" extrémistes de gauche aux "mauvais" extrémistes de droite.

Nous avons heureusement échappé à un deuxième tour Le Pen-Mélenchon, et certains pourront se demander quelle est l'utilité de cet article, alors que Mélenchon a été écarté et que le seul danger qui nous menace encore est celui de Marine Le Pen.

Cependant, il faut avoir conscience de ce que, même si Mélenchon n'est pas au deuxième tour, il prépare dés à présent sa revanche (il suffit de voir ses "pudeurs de gazelle" pour appeler ses électeurs à voter pour Macron), avec l'ambition de restructurer autour de son parti et de sa personne l'ensemble de la gauche française.

L'inquiétant n'est donc pas seulement que le premier tour de l'élection présidentielle ait amené Marine Le Pen au deuxième tour, mais de constater que presque 50% des français (en additionnant les électeurs de Le Pen, Dupont-Aignan, Mélenchon, les deux candidats trotskistes et les deux "complotistes") ont choisi de voter pour les extrêmes: des représentants d'idéologies dangereuses dont nous aurions pu croire que nous en étions délivrés, des partisans de la fermeture du pays, du replis de la France sur elle-même, et de sa sortie de l'Union Européenne.

C'est cette union des extrêmes que le futur président (en espérant que ce sera Macron) devra affronter et vaincre, en obtenant les résultats que tout le pays espère sur le front de la lutte contre le chômage. 

Mais il ne le pourra pas seul, il est d'ailleurs peu probable qu'il obtienne pour cela une majorité claire avec son seul parti lors des prochaines élections parlementaires; il sera donc indispensable d'aboutir à une coalition et un accord de gouvernement avec le seul parti qui partage avec lui ses convictions libérales et pro-européennes: Les Républicains (ou du moins ceux parmi eux qui rejetteront l'attitude suicidaire d'une opposition systématique).

Mais avant cela, bien sûr, il faut que Macron gagne dimanche... 




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